Topologie du surgi et de l'effacé

Chronique cartographiée en territoires figurés et poétiques

Marie Augustine

Récit : Plis et sillons

Tu es née la même année que la Tour Eiffel fêtant le centenaire de la Révolution française mais tu ne seras pas aussi célèbre qu'elle le fut et peut-être ne l'as tu jamais vue.

Comme elle, tu avais un sacré caractère et ta vie a été un long poème, à califourchon sur un petit bout du XIXe siècle et un grand du XXe. Femme au regard vif, toujours tirée à quatre épingles, tu as été gardienne de bestiaux dans le bocage sarthois, cuisinière dans diverses maisons bourgeoises du Maine, couturière au Mans.

Avant tout, tu étais la mémé adorée, avec qui on jouait au nain jaune, on assistait à la foire aux oignons en fin d'été, on descendait dans la cour pour le lavoir et les latrines, on mettait les patins dans la salle au parquet ciré. C'était pittoresque et joyeux.

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